Niels Ackermann – Blog

Faire une light-table « à la Aperture » sur Lightroom

Une petite astuce pour Lightroom en passant, en attendant que je trouve le temps de finir les 4-5 brouillons que j’ai sous le coude depuis des mois.

Depuis la première beta publique, qu’Adobe a distribué en janvier 2006 (bon sang c’était y a plus de six ans!), je suis un grand fan de Lightroom, mais cela ne m’a jamais empêché de tester des programmes concurrents. Une chose que j’ai toujours beaucoup jalousé à Aperture, c’est son système de tables lumineuses. Comme sur une vraie table lumineuse, on peut déposer les images, voir lesquelles fonctionnent bien avec quelles autres. C’est pratique quand on travail sur un projet de livre ou autre production où on doit assembler plusieurs images entre elles.

Le système de light table d’Aperture. (j’ai juste mis des images au bol là)

Pouvoir changer la taille des images, les déplacer aisément, faire des groupes etc, c’est vraiment pratique et ça fait depuis la première version d’Aperture (en 2005, ça non plus ça nous rajeunit pas) que j’attend qu’Adobe copie cette fonctionnalité. Hélas, à l’heure actuelle (Lightroom 4.1), cela ne semble toujours pas être à l’ordre du jour. MAIS, j’ai trouvé une solution alternative qui n’est de loin pas aussi confortable à utiliser, mais qui peut déjà bien dépanner.

Pour cela, après avoir choisi un dossier ou une collection d’où viendront vos images, il faut aller dans le module Impression. Dans la colonne de droite, tout en haut, sélectionnez comme style de disposition « Collection personnalisée ». Si des cellules sont déjà présentes sur votre page, vous pouvez les effacer en cliquant dessus et en pressant la touche effacer. Il ne vous reste plus qu’à glisser les images sur votre page depuis la barre de navigation du bas:

Un exemple de « pseudo » table lumineuse sur lightroom.

Bien sur cet ersatz de table lumineuse n’est pas aussi agréable que celle d’Aperture, notamment parce qu’on ne peut sélectionner qu’une image à la fois, mais on peut toujours travailler sur la taille, les positionner librement, profiter des repères magnétiques pour les réunir proprement.

Un avantage par contre c’est que vous pouvez générer un pdf de ce document, ce qui peut servir pour soumettre une proposition d’assemblage d’images à un graphiste, éditeur ou que sais-je.

PS: Si vous avez de bons yeux, vous avez un des premier aperçu public de quelques images de mon projet en cours, j’en reparlerai plus longuement dans quelques semaines.

Installer iOS 6 Beta sur un iPhone 4/4s, iPod Touch 4G ou iPad 2/3

Il semblerait qu’Apple ait un peu assoupli sa politique de beta test. Pour les deux précédentes moutures d’iOS, il fallait que l’ID de l’appareil soit reconnu comme un appareil employé par un développeur pour pouvoir y installer une version beta. Cela avait donné naissance à toute une économie parallèle de développeurs revendant pour quelques dollars la possibilité d’enregistrer son iDevice comme outil developper.

Mais pour iOS6, j’ai vu qu’il circulait sur internet quelques vidéos montrant des procédures plus ou moins complexes pour profiter dès à présent des nouvelles fonctions du système encore en développement. J’ai essayé sur mon iPhone 4s la méthode la plus simple possible (encore plus simple que celles recommandées ailleurs) et ça marche sans encombres.

Voilà comment j’ai fait:

  1. Télécharger sur iModZone la version adéquate pour votre appareil. Je vous conseille vivement de passer par le lien bit torrent plutôt que le direct download. Tous les iDevices ne sont hélas pas supportés, ce qui est relativement logique.
  2. S’assurer que votre appareil soit sauvegardé (en cas de problèmes). Si vous utilisez iCloud, vous pouvez forcer la sauvegarde en allant dans Réglages / iCloud / Stockage/sauvegarde / Sauvegarder maintenant
  3. Dans iTunes (j’ai même pas eu besoin de mettre à jour iTunes avec la version distribuée aux développeurs), ouvrez votre iDevice, et cliquez sur le bouton « Rechercher les mises à jour » en pressant la touche alt (ça permet de d’indiquer à iTunes un emplacement alternatif pour la mise à jour). 
  4. Indiquez le fichier de la mise à jour que vous avez téléchargé précédemment, et lancez la mise à jour. Ca devrait marcher. En tout cas chez moi ça a marché.

Au cas où ça ne marcherait pas, une restauration sur la version 5.1.1 sera probablement nécessaire.

Au menu des nouveautés plutôt sympa: la nouvelle version de Maps qui s’émancipe de google maps est assez bien fichue (mais pas de vues des immeubles en 3d pour nous autres pauvres suisses, pour l’instant en tout cas), Siri est désormais capable de chercher des itinéraires, d’ouvrir des applications, il comprend mieux le suisse romand (mais il ne passe pas encore la panosse par contre), et quelques autres trucs que j’ai pas encore testé.

EDIT: Après quelques jours j’ai fini par restaurer iOS 5.1.1 sur mon iPhone et mon iPad. Si les nouvelles fonctions sont appréciables, le système est dans son ensemble bien trop instable pour l’instant pour pouvoir être utilisé correctement.

Ma review du Fujifilm X100

Quel photographe n’a jamais rêvé d’avoir un appareil photo greffé dans l’oeil pour pouvoir discrètement immortaliser tout et n’importe quoi? A défaut de pouvoir le faire (simplement), on doit se contenter de chercher un appareil photo qui soit le plus compact possible pour toujours être avec nous, mais qui soit assez bon pour produire des images qu’on ait envie d’utiliser ensuite.

Ca fait quelques années que j’essaie de trouver cet objet idéal. J’ai d’abord cru que ce serait le Canon S90, mais le capteur de compact impose une qualité d’image qui ne me satisfait pas et sa cadence très lente le rendait difficilement utilisable. Plus tard, j’ai trouvé dans le Lumix GF1 un grand nombre des qualités que je cherchais, mais la visée restait handicapante: soit un viseur optique inutilisable dès que l’écran était éteint (impossible de changer les réglages) soit un viseur électronique étroit et très mal défini. À vrai dire, c’est toujours mon principal grief contre le lumix à l’heure actuelle. C’est d’ailleurs pour ça que ce test sera aussi une comparaison par rapport au GF1.

En septembre 2010, Fujifilm a lancé une bombe à plus d’un titre en présentant le x100. Non seulement cet appareil est très bien doté, mais sa conception est aux antipodes des stratégies commerciales dominantes chez les concurrents: pas de milliards de pixels, un mode vidéo à peine vanté, une focale fixe et non interchangeable (contre des zoom totalement improbables sur de nombreux compacts), pas de ces stupides modes « orientés débutants » du style « photo d’aquarium de nuit » ou « anniversaire d’enfant roux et habillé en fuchsia ». Cet appareil est un ovni, au point que je me demande si on aura la chance d’en voir d’autres tant ils me semblent commercialement limités. Même si il va très bien se vendre, il n’empêche qu’il s’adresse à un marché certainement trop limité pour intéresser de grandes marques. Quoiqu’il en soit, sa fiche technique m’a donné très envie de l’essayer, ce que j’ai la chance de pouvoir faire depuis une dizaine de jours grâce à l’aide de Donald qui m’en a rapporté un de New York (à l’heure actuelle il doit être aussi disponible en Suisse).

Pour la petite histoire, j’ai reçu l’appareil le jour où est sorti le nouveau firmware corrigeant une grande partie des nombreux bugs décriés par les premiers à tester l’appareil. Par curiosité, j’ai quand même passé une journée avec l’ancien firmware. Il m’a donné un sentiment tellement désagréable que j’ai passé une grande partie de la journée à savoir comment j’allais revendre cet appareil qui n’était qu’un (assez cher) empilement de frustrations. Franchement. Je ne comprenais même pas comment les tests de cet appareil avaient pu être aussi bons alors que tout me semblait inutilisable.

Mais en installant le nouveau programme interne, c’est comme si j’avais un autre appareil photo entre les mains. Les 23 correctifs annoncés sur le site ne rendent pas justice à l’ampleur du changement. Les modifications les plus sensibles que j’ai perçu sont au niveau de l’autofocus qui gagne beaucoup en rapidité et en précision dans l’obscurité. Mon test ne concernera donc que le X100 doté du firmware 1.10 (le nouveau). Note en passant, les images présentes dans cet article ont toutes été prises en raw et post-traitées dans lightroom 3.4. Elles n’ont pas subi de grosses transformations, mais quelques ajustements classiques que je fais systématiquement.

(suite…)

MacBook Pro 15″ à vendre

Cette photo présente le modèle avec l'écran de base, l'écran mat a une bordure en alu à la place du noir.

Et voilà, de retour en Suisse, j’ai pu retrouver un certain confort de travail en branchant ma machine sur mon gros écran dell de 24″. Sauf que cette fois, j’ai branché le MacBook Air. Et je ne constate de nouveau aucun ralentissement significatif dans le travail sur lightroom par rapport à ce que je faisais sur mon « gros » MacBook Pro. Le seul inconvénient majeur restant la taille du SSD qui m’oblige à ruser pour y faire entrer mon énorme catalogue avec toutes mes photos depuis 2003.

Mais par conséquent, le MacBook Pro fait un peu double emploi, et vu qu’il est encore tout neuf (mai 2010), je pense qu’il pourrait intéresser du monde:

Les caractéristiques de l’engin à vendre:

Prix: 2’000chf, je suis prêt à discuter éventuellement. Les intéressés, vous pouvez me contacter par mail: nack@nack.ch

Vendu. Désolé.

 

Protéger son matériel photo dans une région humide

À quelques semaines de la fin de mon séjour au Cameroun, le moment pour un petit « do’s and don’ts » concernant le stockage du matériel photographique en région tropicale (donc humide) me semble adéquat. Pour vous donner une idée, dans ma maison (qui n’est hélas pas climatisée) à Douala, l’humidité relative varie entre 68% quand il fait très chaud et 86% aux pires moments. Et la température oscille entre 28 et 35°C (à 28°, il m’arrive désormais de regretter de ne plus avoir de pull…). Des conditions idéales pour transformer à peu près n’importe quoi en yaourtière, y compris votre précieux matériel photo. Pas forcément en un jour, mais en quelques semaines sans trop de doutes.

Ma première tentative de régler le problème s’est avérée être un fiasco total: je stockais dans un sac étanche (Sea To Summit Dry Sack) mon boitier et mes objectifs avec un gros sachet de silicagel que j’utilisais depuis des années (et pour lequel je n’avais aucun moyen de vérifier s’il était sec). Deux semaines plus tard, en ouvrant le sac, j’ai constaté que la sangle était couverte de moisissures… Des champignons avaient aussi commencés à se former sur les filtres UV des objectifs et derrière les vitres protégant les écrans de mon 5d II… Certains champignons attaquant le verre de manière irrémédiable, il était impératif de passer à une méthode plus efficace, sous peine de voir environ 7’000 CHF de matériel pourrir sous mes yeux. En accumulant différentes informations sur les conditions cadres dans lesquelles se forment ces moisissures, et en profitant d’un passage en Suisse à Noel pour récupérer quelques commandes ebay, j’ai pu revoir ma stratégie pour quelque chose de radicalement plus efficace:

La boîte

Adieu le sac étanche (il me servira certainement un jour cela dit), je range désormais tout le matériel dans une grosse boite hermétique transparente. Tout ce que j’ai trouvé à Douala, c’est une boîte Curver de 12 L. La lumière semble être un premier ennemi des moisissures, donc une boîte transparente exposée au soleil devrait permettre d’éviter de créer des conditions favorables à la prolifération. J’avais aussi rapporté de Suisse des boites hermétiques de la migros (les topline de 0.75L). Leur contenance est idéale pour bien ranger les disques durs externes et leurs câbles. Eux aussi risquent de voir leur durée de vie réduite à cause de l’humidité.

La déshumidification

Mon pote le silicagel de chez Hydrosorbent!

À l’intérieur de notre boîte, il nous faut encore réduire le taux d’humidité à un niveau plus recommandable pour stocker du matériel photo (environ 40%). Pour ça, la meilleure solution reste le silicagel. Mais il existe différentes options. Contrairement à d’autres désicants, le silicagel présente l’intérêt de pouvoir être régénéré en le chauffant pendant quelques heures. Certaines préparations à base de silicagel contiennent même un indicateur coloré qui les fait passer du bleu quand il est sec au rose quand il est humide (et inversement quand on le régénère). Si vous savez que vous aurez un four sous la main, la solution d’hydrosorbent est fantastique. Un petit container métallique avec 40g de silicagel avec indicateur coloré. A environ 5$ pièces, on peut en prendre plusieurs et en glisser un peu partout (sac photo, rangement des disques durs externes etc). J’en garde toujours un neuf dans son emballage pour une éventuelle urgence, comme un appareil qui tomberait dans l’eau par exemple. En 3h à 100°C au four, ils sont secs. La petite vitre au milieu permet de vérifier la couleur de l’indicateur coloré. Et ça marche bien!

Et si vous n’avez pas de four mais de l’électricité, Eva Dry propose des packs un peu plus massifs, mais équipés d’un corps de chauffe et d’une prise (format US, mais compatible 220V). 8h sur le courant et c’est sec. De nouveau l’indicateur coloré permet de vérifier. Avec ça, l’humidité dans ma boîte oscille entre 26% (quand le pack vient d’être régénéré) et 46%. J’ai posé un petit hygromètre à l’intérieur pour vérifier, on en trouve pour pas cher chez Dealextreme, alors je voyais pas pourquoi me priver de cette information.

Si vous n’avez ni four ni électricité, vous pouvez toujours opter pour les hydrosorbent et essayer de les régénérer autrement (près d’un feu de bois, sur le couvercle d’un barbecue etc), mais vous risquez de flinguer l’indicateur coloré si la température est trop haute.

La solution confort

Un autre moyen efficace de réduire l’humidité dans une pièce, c’est la climatisation. Si vous stockez votre matériel dans une pièce toujours climatisée, vous n’avez pas trop de soucis à vous faire. Mais cette solution n’est pas la meilleure à mon avis: dans un pays comme le Cameroun, les coupures de courant sont trop fréquentes et peuvent durer trop longtemps pour s’en contenter comme unique solution. De plus, si vous refroidissez votre matériel, en l’utilisant à l’extérieur trop rapidement après l’avoir sorti de chez vous, il risque de se recouvrir de condensation très rapidement.

Les autres équipements électroniques (ordinateurs etc) risquent aussi de souffrir de l’humidité, mais pour des questions pratiques, je n’ai pas pris de mesures particulières concernant le rangement du mac. Je le nettoie régulièrement avec une bombe d’air comprimé. C’est d’ailleurs peut-être là un des seul défaut de mon nouveau MacBook Air: ses vis (des Torx avec les bouts arrondis) sont très exotiques et je ne peux donc pas ôter le capot inférieur pour déloger efficacement la poussière.

Ma combine contre le vilain virus des clé usb

Travailler dans l’informatique au Cameroun, ça veut dire passer énormément de temps à lutter contre des virus très exotiques qui circulent sur les clés usb. L’informatique africaine subit en effet plusieurs influences qui en font un terreau fertile pour les virus informatiques:

Conséquence, on voit ici pulluler des virus dont on avait complètement oublié l’existence en Europe. Le plus ennuyant que j’aie vu ici transforme tous les dossiers d’une clé usb en des raccourcis qui pointent en fait vers un fichier infecté. Les vrais dossiers ne sont heureusement pas effacés, mais ils sont cachés sous la forme de dossiers systèmes.

Vu que ce problème touche mes collègues régulièrement, je pense que ma solution (utilisable sur windows) peut intéresser pas mal de monde. On trouve un peu partout sur le net une commande dos, j’en ai ajouté deux autres pour compléter le nettoyage. Le plus pratique est de copier-coller ces commandes dans le notepad, de sauver ça avec l’extension .bat, comme ça vous n’avez plus qu’à double cliquer sur ce fichier pour l’exécuter. Si votre clé usb est sur la lettre e:, les commandes seront les suivantes (si c’est une autre lettre, vous changerez le e: par la bonne lettre)

attrib -h -r -s /s /d e:*.*
del e:*.lnk
del e:autorun.inf

Ces trois commandes vont successivement: remettre aux dossiers cachés des attributs de dossiers normaux, supprimer tous les raccourcis et supprimer l’autorun (qui tente d’exécuter le virus dès l’introduction de la clé). Il ne reste plus qu’à enlever les quelques exécutables crées par les virus (qui ont des noms variables il me semble), et le tour est joué.

Avant cela, je vous conseille quand même d’installer un antivirus qui marche histoire d’éviter d’infecter votre machine. J’utilise Avira avec succès.

Quelques conseils de sécurité informatique pour les nuls

Protéger ses données numériques, c’est devenu important, et ça risque de le devenir encore plus dans les années à venir. Pourquoi? Pour trois raisons: d’abord parce que nos vies passent de plus en plus par là. Que ce soit pour faire nos achats, organiser notre vie professionnelle ou échanger des informations, la majeure partie de notre activité et de notre existence est désormais liée à l’informatique. Ensuite, parce qu’au cours de l’année qui vient de s’écouler, les gouvernements ont commencé à prendre la mesure du pouvoir que ces outils peuvent exercer contre eux (wikileaks, révolutions twitter…). Et finalement, parce qu’avec la multiplication des périphériques sur lesquels nos informations sont stockées (avant, un simple ordinateur à la maison, désormais une multitude de smartphones, de netbooks, tablettes, clés usb etc), on multiplie le risque qu’elles tombent un jour entre des mains indésirables.

Les réglementations en cours d’élaboration (Loppsi en France, ACTA etc) tendent à donner aux gouvernements toujours plus d’outils légaux permettant de surveiller les échanges privés des individus, et la tendance ne va certainement pas aller en s’inversant. Les hommes de l’Etat s’ajoutent donc progressivement à la liste des personnes indésirables pouvant potentiellement aller fouiller dans votre vie numérique.

Faire preuve de vigilance n’est donc plus une question de paranoïa, mais est en train de devenir un simple geste de bon sens moral.

J’ai donc regroupé dans ce billet quelques trucs que j’ai accumulé ces derniers mois, et qui permettent, je pense, de réduire grandement les risques sans pour autant nécessiter d’investissements considérables en temps ou en argent.

Attention, c’est un long article!

(suite…)

Trois mois avec le nouveau MacBook Air

La recette du petit Gregory?

Si on me demandait à quoi ressemblerait un ordinateur portable idéal, j’aurais de la peine à décrire quelque chose de très différent du nouveau MacBook Air 11 pouces. On pourrait penser que je m’emporte, mais j’y réfléchis depuis janvier, et je ne trouve vraiment pas grand-chose à redire de cette machine. Et pourtant mes attentes sont loin d’être minces.

Je travaille sur mac depuis environ six ans. Tous des portables. D’abord sur un Powerbook G4, puis sur un MacBook Pro Core2Duo qui m’a causé pas mal d’ennuis et qu’Apple a fini par me remplacer gracieusement par un MacBook Pro i5 de la  génération de 2010 (l’avant-dernière, les nouveaux étant sortis il y a quelques jours). Tous avaient des écrans de 15 pouces.

Je les utilise pour tous mes travaux de retouche photo. Souvent associés à un écran externe de 24 pouces et à des disques durs externes pour le stockage. Ces machines sont fantastiques… hormis quand elles ont des problèmes hardware. Mais Apple a le don d’arriver à chaque fois me faire ressortir du SAV avec le sourire. Mais malgré leur portabilité indéniable elles restent encore un peu trop encombrantes à mon goût.

Mon ordinateur me sert à peu près toute la journée. Que ce soit durant les cours à l’université, pour les commandes photo, ou quand j’ai la chance de pouvoir voyager un peu. J’aime me déplacer léger : un sac à dos de contenance moyenne doit suffire pour partir deux à trois semaines matériel photo inclus. Et durant la journée, mon sac d’épaule (Domke F-802) doit être en mesure d’accueillir tout ce dont j’ai besoin en restant le plus léger possible: juste un ordinateur et quelques livres pour les cours ou un ordinateur, mon 5d et un ou deux objectifs (plus éventuellement un flash et des radios) pour la photo.

Depuis quelques années, je cherchais donc un petit compagnon à ma machine de base qui me permette de sortir léger mais qui soit quand même capable de faire tourner dignement. La meilleure solution que j’avais jusqu’alors trouvé, c’était un EEE PC 1000HE. 10″, 1.4kg, un encombrement assez réduit et des performances « juste-juste ». Pas catastrophiques, mais pas franchement incroyables non plus. Lightroom fonctionnant sur Windows comme sur Mac OS, je pouvais ensuite récupérer le catalogue de mon netbook dans mon catalogue central sur le mac.

Or, à la fin 2010, Apple est venu tout chambouler en réalisant un de mes vieux fantasmes : un macbook air réellement compact et à un prix un peu plus mesuré que pour les précédentes moutures. Certes, il est trois fois plus cher que mon netbook Asus, mais pour la différence de prix, le gain est énorme : Le poids passe de 1.4 à 1kg, l’écran de 11″ est très bien défini et offre un bien meilleur rendu des couleurs, le processeur tient la route, la puce graphique me permet de lire des séquences filmées en FullHD sans soucis. Et en plus, il y a le SSD : pour les non-technophiles, SSD, ça veut dire Solid State Disk. On remplace le disque dur classique (un disque qui tourne à l’aide d’un moteur et qui est parcouru par des têtes de lectures, beaucoup de mécanique donc une consommation en électricité élevée et une fragilité handicapante pour un portable) par une espèce d’énorme carte mémoire flash. Non seulement on gagne en autonomie, en place et en sécurité (vis-à-vis des chocs en tout cas), mais en plus, le gain en rapidité d’accès aux données est purement hallucinant. A titre d’exemple, éteinte, la machine ne met qu’une dizaine de secondes pour être opérationnelle. Et après une veille simple, le retour à l’activité est carrément instantané dès l’ouverture de l’écran.

J’ai profité d’un retour en Suisse à Noel pour passer commande d’un de ces modèles (le 11″ avec 1.6ghz de processeur, 128 gb de SSD et 4gb de ram), en me disant qu’il remplacerait bien mon EEE PC. Ce qu’il fait effectivement très bien.

Mais ce à quoi je m’attendais moins, c’est qu’il vienne aussi menacer la suprématie de son grand frère de 15″. A mon retour au Cameroun début janvier, j’ai laissé « le gros » à la maison, et je ne suis parti qu’avec mon nouveau air (et le EEE PC qui finira ses jours sur le continent africain). Je m’attendais à devoir faire quelques sacrifices pour mes tâches quotidiennes par rapport à la machine à laquelle j’avais l’habitude. Mais au final, il n’y a eu qu’un seul point sur lequel cette machine s’est montrée en retrait par rapport à la grosse. Et un point tellement secondaire : le volume sonore maximal du haut parleur qu’il en devient presque négligeable. Et le pire, c’est que ce problème peut être réglé par un petit utilitaire à  5$. J’y reviendrai.

Pour tout le reste, je n’arrive pas à voir de désagréments significatifs. Il y en a certainement, mais ils ne sont pas assez visibles pour affecter mon travail quotidien. Les gains, eux, sont par contre très clairement visibles : poids plume, encombrement inexistant, disponibilité instantanée, autonomie plutôt bonne et performances de très haut niveau.

Photo

On ne va pas faire durer le suspens. J’utilise lightroom 3.3 sur cette machine avec le même confort que sur mon MacBook Pro. J’y ai copié mon catalogue (uniquement les photos prises depuis mon départ au Cameroun pour gagner en place), et je garde le même setup qu’habituellement : la taille du disque (128 go) n’est pas un problème puisque mes photos sont stockées sur un disque externe. Un second disque externe me permet de backuper le disque de photos et le SSD du mac à l’aide de Time Machine.

Travailler avec des disques durs externes pour stocker tout ce qui est encombrant me permet  de plus facilement sécuriser les données importantes (en conservant la machine, l’original et le backup dans des endroits séparés), et de garder de la place sur ma machine pour les logiciels, mes documents personnels et ma grosse librairie iTunes.

Et cette configuration fonctionne à merveille! L’écran est de bonne qualité et il est suffisamment clair pour s’adapter à des conditions pas forcément très clémentes. Les performances sont là. Même en effectuant des retouches assez lourdes sur des fichiers raw de 21mpix, je n’ai pas constaté de ralentissement que je n’avais également sur mon MacBook Pro i5. De l’import à la retouche, je ne trouve rien à redire. L’export est peut-être un brin plus lent, mais quand j’en suis à cette étape de mon travail, j’ai de toute façon généralement besoin d’aller boire un verre alors le temps de traitement n’est plus d’importance capitale. Et il se peut que la différence tienne au fait que mon disque externe est relié en USB2 plutôt qu’en firewire800 sur la « grosse » machine.

L’interface de lightroom s’affiche en entier sur l’écran de 1366 x 768 pixels. Ce qui n’était pas le cas sur les malheureux 1024 x 600 de mon eeepc.

Un petit passage sur photoshop pour assembler un panorama gigantesque n’effraie pas plus la bête. C’est franchement bluffant de voir quelle puissance ils ont pu faire entrer dans un ordinateur qu’on peut tenir du bout des doigts. Et c’et presque effrayant de penser à ce que sera capable de faire la machine quand elle sera mise à jour avec les nouvelles puces Intel (si c’est le cas un jour, mais je n’en doute pas une seule seconde) et quand elle sera dotée du nouveau port Thunderbolt.

Web, mail, bureautique

Pour toutes les tâches moins gourmandes en ressources, la machine s’en sort au moins aussi bien que le MacBook Pro. Pourquoi cette tournure ? Parce que le SSD fait des miracles. J’avais monté dans mon MacBook Pro un disque dur Hitashi 500go de 7200 tours minute, certainement ce qu’on trouvait de plus performant (à un prix décent) à l’époque. Cette modification avait sensiblement augmenté ses performances, mais même avec ça, on restait bien en dessous de ce dont est capable le SSD du petit Air. En plus d’être rapide, la mémoire flash est rassurante. Je peux secouer ma machine comme je veux, elle ne risque rien. Et ça, pour une machine dédiée au déplacement, c’est important. Il reste par contre un point sur lequel les SSD seront moins sûrs: l’effacement sécurisé du contenu du disque.

Office 2011, iWorks, Mail.app, Safari etc, tout fonctionne sans couac significatif. La taille de l’écran n’handicape pas l’usage. C’est des fois éventuellement son rapport largeur/hauteur (l’écran est très large) qui forcera à défiler un peu plus sur une grosse page web, mais avec le trackpad multi-touch, c’est pas franchement désagréable.

Multimedia

La batterie est bonne, mais n’atteint pas non plus des records de longévité. Elle me permet néanmoins de regarder confortablement 4 à 5 épisodes d’une série télé avec le wifi activé et différents programmes (Mail, Safari, Word) en tâche de fond avant d’être vide. La taille de l’écran n’est pas si handicapante qu’on pourrait le penser. Et c’est en bonne partie dû à son rapport hauteur/largeur. Il est plus allongé que les écrans habituels, ce qui fait qu’un film en 16 :9 occupera la totalité de la surface. Par rapport à un 13″ classique, la largeur du film visionné ne change donc pas beaucoup. On perd juste les bandes noires en haut et en bas. Vous pouvez le voir sur l’image introduisant cet article. Ceux qui reconnaissent le film gagnent un bisou.

Le seul couac pour la visualisation de films, c’est le haut parleur. Il est certes très habilement caché, et délivre un son étonnamment bon, mais il reste un peu trop timide pour moi et pas mal d’autres utilisateurs. Dans son état normal, regarder un film à deux ou trois devient impossible plus à cause de ce problème qu’à cause de son écran.

Mais il existe une solution : un programme appelé Boom et vendu 4.99$ permet de « booster » le volume sonore d’un mac. Et j’ai testé, ça marche très bien. Et pas que sur le Air d’ailleurs.

Boom! Permet non seulement de multiplier par quatre le volume sonore (disent-ils), mais aussi d'appliquer un equalizer au son.

Montage vidéo

C’est le dernier espoir pour mon MacBook Pro pour éviter une revente à mon retour en Suisse. J’ai actuellement un projet en cours qui devrait inclure des séquences vidéo et du son (si j’arrive à trouver l’énergie que ça implique de traiter encore plus de matières premières). J’ai juste lancé Premiere pour tester un peu, mais sans trop m’attarder. Le montage m’avait l’air un peu moins fluide que sur la grosse machine. Mais le plus gros handicap dans ce domaine, ça sera surtout le manque d’espace disque pour installer les innombrables modules nécessaires à un bon travail vidéo (compositing, son, couleurs, etc). La connectique restreinte à l’usb2 est un second handicap qui risque de se faire sentir.

En bref

Je sens que je vais avoir de la peine à considérer la nécessité d’une machine plus encombrante maintenant que j’ai passé plusieurs mois sur ce bijou. Il est réactif, s’allume en un clin d’œil et fait tout ce que je suis en mesure d’attendre d’un ordinateur sans rechigner. Dans mon sac photo, ce Air se glisse sans se faire remarquer à côté de l’insert en mousse qui protège mon appareil et mes objectifs. Pour les cours, couplé au Kindle pour les lectures diverses, mon sac aura un poids quasi négligeable.

Ce qu’on perd en vitesse de processeur, les autres périphériques (puce graphique et SSD surtout) le compensent si bien que finalement l’écart avec une machine plus de deux fois plus chère est difficile à voir, en tout cas pour les applications photographiques.

Tout en étant pleinement satisfait, j’espère que la prochaine version (qui n’arrivera pas trop tôt histoire que je puisse rentabiliser l’investissement, merci!) bénéficiera de quelques ajouts: