Niels Ackermann – Blog

Un complément sur le GF1

L'escalier du Pachinko, le seul bar avec un portrait géant de Yuri Gagarine à Genève.

Mon précédent billet qui présentait le GF1 était très enthousiaste. Et pour cause, l’appareil est très bon et il est carrément révolutionnaire sur bien des points.

Mais entre temps, j’ai pu le confronter aux réalités du terrain, et j’ai pu identifier quelques points fâcheux. Mon évaluation de cet appareil n’aurait pas été complète sans en parler. Voici donc le complément un peu plus négatif.

Autant techniquement je trouve cet appareil quasiment irréprochable (seul défaut éventuel: le bruit de l’obturateur), autant au niveau de l’ergonomie, surtout de la conception des fonctions, je trouve que panasonic a fourni un travail lamentable. C’est cru, mais après avoir travaillé pendant des années sur des Canon, je n’arrive pas à comprendre qu’on puisse faire des choses aussi absurdes que ce qu’on voit sur ce panasonic (lequel semblerait être encore « moins pire » que le LX3 et d’autres de la marque). Pour l’analogie, ça me fait penser à la différence entre les téléphones Nokia et les Sony Ericsson. On peut faire les mêmes choses, mais ça prend 3x plus de temps sur un Sony Ericsson ou un Motorola que sur un Nokia. Ben c’est pareil entre le Lumix et mes Eos (ou mes compacts Canon).

Dans l’ordre des reproches

Sinon, il y a aussi quelques petits avantages que j’ai découvert en cours de route:

A propos du viseur optique

Mon avis n’est pas encore totalement arrêté concernant le viseur optique. Il est indéniablement sympathique, il permet de travailler vraiment au feeling. D’autant plus que la mesure de lumière est assez efficace. Il m’arrive de me mettre en priorité ouverture, et de shooter au viseur.

Le cadre du 35mm de mon viseur helios colle assez bien à ce que cadre le GF1 avec le 20mm (en crop 2:3). Si le sujet est proche, il faut légèrement corriger la parallaxe, mais bon ça c’est pas surprenant.

Par contre, le Helios est assez sombre et je trouve la visée trop large. On arrive pas à voir toute l’image en un coup d’oeil, ça aide pas à bien composer. Et finalement, j’arrive pas à cadrer droit avec. Le comble quand on pense que c’était pour ça que j’avais commandé ça.

Dans le bus (à travers des personnes)

Lumix GF1, y a que les cons qui changent pas d’avis

3200 iso et contraste un peu boosté ensuite sur lightroom.

Dans mon évaluation des différentes options photographiques, j’ai longtemps raisonné de manière binaire: compact ou reflex. Les reflex étant associés pour moi à la partie travail, avec une qualité d’image adéquate obtenue au prix d’un encombrement certain. Les compacts de leur côté sacrifient la qualité d’image au profit de la taille (et éventuellement de la discrétion). Entre ces deux mondes diamétralement opposés, le néant.

 

Quand sont arrivés les appareils format micro quatre tiers, un format initié par Olympus et Panasonic, je n’ai même pas cherché à voir ce qu’ils pouvaient produire. Le format 4/3 choisi par Olympus me semblait un absurde ni-ni (ni les beaux flous et la taille des pixels des reflex traditionnels full frame ou aps-c, ni la compacité d’un compact), j’avais catalogué tout ce qui gravitait autour de manière très négative. Cet été, Olympus a présenté son très joli Pen, puis Panasonic a remis une couche avec le lumix GF1 (après des G1 et GH1 moins intéressants à mes yeux). Sur le moment, à part reconnaitre leurs évidentes qualités esthétiques, mon attention s’est contentée de les effleurer. Il était évident pour moi que c’était la continuité du ni-ni: ni la qualité d’image d’un reflex, ni la compacité d’un compact, et le tout pour le prix d’un reflex moyen de gamme. Pour faire court: on aurait la poche allourdie d’un gros appareil produisant de médiocres images.

C’est assez tard que j’ai réalisé mon erreur. Quand Antoine m’a fait découvrir ce splendide test du GF1, j’ai fini par ouvrir les yeux. Il y a quelque chose de grand qui est en train de se passer. De nouveaux produits apparaissent sur le marché, entièrement conçus autour de ce que permet le numérique. Ce ne sont plus de simples transpositions en numérique de ce qu’on faisait en argentique. En plus cette nouvelle catégorie porte un nom rigolo: EVIL pour Electronic Viewfinder Interchangeable Lense. D’un ni-ni, ces appareils sont passés à mes yeux à un win-win: à peine plus massif qu’un Canon G11, pour une qualité d’image quasiment aussi bonne qu’avec un reflex. Avoir en permanence dans son sac ou sa poche un appareil qui permette de produire de bonnes images, c’est le fantasme de tout photographe. C’est pourquoi j’ai décidé de franchir le pas et de me commander la bête. Et vu que ces appareils ont des objectifs interchangeables, j’ai pris avec le 20mm f/1.7, qui donne un équivalent sur un capteur 35mm de 40mm. Une focale tout à fait dans la plage que j’affectionne.

Pour pousser le confort un peu plus loin, j’ai aussi déniché sur eBay un viseur optique à fixer dans sa griffe flash. Cadrer au viseur permet de gagner en stabilité et en temps au moment de composer l’image. Et en même temps de garder le contact avec le sujet, voir tout ce qui se passe.

Ce post est l’occasion de faire une petite review de l’engin à ma sauce. Un peu de technique et beaucoup de ressenti. L’approche n’est pas très protocolaire. Les images sont toutes (sauf celles de mon test sur la fiabilité des iso) passées par ma moulinette lightroom. Ca fait partie de mon test que de voir ce que je peux tirer des fichiers produits par l’appareil.

L’article va être long. Donc pour voir la suite, c’est par ici.

(Lire la suite…)

Du matériel Canon à vendre

Préparation d'un excellent canard aux pommes accompagnée de purée de pommes de terre chez Anna et son copain Sasha.

Ces derniers jours j’ai enfin pu voir ce que vaut mon 35mm f/1.4 L. Et effectivement, c’est de la balle! C’est surtout en se mettant à 21 millions de pixels qu’on voit la qualité de cette optique, je trouve.

Par conséquent, mon 35mm f/2.0 fait double emploi. C’est pourquoi je le vends. Je l’ai acheté en janvier 2009, il est en parfait état et fourni avec un filtre UV de marque B+W et le pare soleil Canon. Le tout coûte environ 450.- neuf, je le vends pour 300.- à discuter.

Je vais aussi me séparer de mon cher 30d. Je l’ai gardé comme boitier de secours au cas où, mais je me rends compte que le service technique de Canon est très compétent en cas de problème avec mon 5d mk II, et les différences dans la configuration des boutons entre le 30d et le 5d mk II m’imposeraient de toute façon beaucoup trop d’efforts pour que ça en vaille vraiment le coup. Je le vends avec le grip et deux batteries pour 500.-. Là aussi je suis éventuellement ouvert à la discussion, mais ça me semble être un bon prix pour un boitier de ce niveau, avec un grip et deux batteries.

Toutes mes photos d’Ukraine prises durant l’été, ma série sur les élections à Genève, et environ 90% des images que j’ai fait depuis 1 an sont réalisées avec le 35mm f/2.0. Ca vous donne, je pense une très bonne idée de la polyvalence et de l’efficacité de cet objectif.

Mon 30d quand à lui m’a servi à faire tous mes boulots photo jusqu’à l’arrivée de mon 5d II en janvier passé. Ca inclut le travail sur les travailleurs sans papiers (que je vas bientôt remettre sur le site), trois éditions du festival de Dour, la série sur l’euro-foot, diverses manifestations, beaucoup de concerts. Il est très bien conservé, je suis très soigneux avec mon matériel. Même si il y a eu pas mal d’évolutions au niveau des sensibilités ces dernières années, ça reste un appareil qui m’a donné de très bonnes images et qui, j’en suis certain, donnera grande satisfaction à d’autres photographes.

Si vous êtes intéressés, n’hésitez pas à me contacter par un des moyens listés sur la page contact.

Faut faire gaffe

Chute de neige depuis le toit d'un immeuble sur le boulevard Artioma

Ces jours, la température est remontée à Kiev. Elle était de 3°C il y a deux jours, et aujourd’hui elle flirtait avec le 0 par le dessus. La conséquence, c’est que tout le joli duvet neigeux qui emballait la ville est en train de fondre, formant ça-et-là des flaques d’eau pouvant atteindre 15 à 20cm de profond. Autant dire qu’il faut faire attention à où on met les pieds.

Je redoute la rechute de température qui devrait arriver demain et qui risque de transformer ces immenses flaques en patinoires.

Mais le danger ne vient pas que du sol. La neige fondant n’adhère plus sur les toitures et tombe en gros blocs dans la rue. J’ai rapidement compris la signification des barrière bloquant l’accès à des portions de trottoirs après avoir assisté à quelques chutes de blocs de neige. La photo qui illustre ce post a été prise pendant une de ces chutes, mais vu qu’elles sont totalement imprévisibles, j’ai été pris de court et le gros du bloc de neige avait déjà atteint le sol au moment du déclenchement. Le cadrage on en parle même pas.

Un test du s90 au marché de Petrivka

Dernière journée à Kiev pour Tasha, la journaliste de l’hebdo. On est allés faire un tour au marché de Petrivka, que mon guide (papier) recommande pour son abondant choix de logiciels contrefaits ou de livres. Mais le marché est très vaste et on y trouve beaucoup d’autres choses, des habits surtout.

Sur les conseils de ma collègue, le 5d est resté dans le sac. Je me suis dit que c’était donc l’occasion d’essayer mon minuscule compact, le canon s90 en conditions. Voilà donc un petit exemple pour les amis qui demandaient depuis si longtemps une démo de ce que vaut le s90 en reportage.

Ce boulot n’est pas du tout représentatif de ce que je fais d’un point de vue qualitatif. Il n’est pas non plus très représentatif du marché. J’y ai surtout fait du « lèche échoppes », et je n’ai pas pris la peine de faire les photos les plus adéquates. Peut-être que j’y retournerai une fois pour faire une série avec mon vrai boitier, c’est vraiment une atmosphère très particulière qu’on ne voit jamais en Suisse. Il y a de quoi faire de splendides portraits des vendeurs dans leurs stands, entourés de magnifiques fourrures, de piles de CD ou DVD…

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J’ai apprécié:

J’ai moins apprécié:

En conclusion, je ne me verrais pas faire entièrement un sujet avec cet appareil. Il est très bon pour un compact, mais il reste selon moi le genre de truc qu’on garde pour les conditions limites, typiquement celles où faire des photos peut être mal vu ou dangereux. Ce n’était pas le cas dans ce marché, qu’on se rassure. J’en ai fait durant l’été sans soucis.

Maintenant je serais très curieux de pouvoir essayer le panasonic GF-1 avec son 20mm f/1.7 et voir si le supplément de taille et de poids est compensé en qualité d’image et en rapidité.

EDIT: Je vois qu’il y a sur certains forums ou chez certains amis la question du choix entre G11 et S90. J’ai hésité pas mal avant d’acheter le S90. Le boitier plus massif du G11 permet une meilleure prise en main et la griffe flash permet de mettre un petit viseur optique. Mais c’est à peu près les seuls avantages que je dois reconnaitre au G11 sur le S90. En dehors de ça, il est plus gros, plus lourd, son optique est moins lumineuse en grand angle (or je travaille toujours entre 28 et 35mm), plus cher. La différence de volume, poids et prix n’est pas compensée par un gain qualitatif au niveau des images produites. Et les images issues de compact, pour moi ça reste des images de compact.

Donc partant de ce constat, tant qu’a avoir un appareil qui produira des images « bonnes sans plus », autant qu’il soit vraiment compact et que je puisse l’avoir toujours sur moi sans déformer mes poches de veste. C’est pour ces raisons que j’ai opté pour le S90, et je reste convaincu d’avoir fait le bon choix.

Le G11 a un volume et un poids assez proche du Lumix GF-1 équipé du 20mm. Mais la qualité d’image du GF-1 semble d’après ce que j’ai pu voir bien supérieure à ce que produit le G11. Mais cela fera très certainement l’objet d’un nouvel article à mon retour en Suisse.