On est en février et comme promis le site change d’apparence. Il reste bien sûr un tas de petits détails qui devront encore être corrigés, mais dans l’ensemble ça m’a l’air de fonctionner.
Ce qui change: j’ai séparé le blog du portfolio. Pour moi, les deux pouvaient toujours aller de pair, mais un ami m’a fait remarquer que cela n’allait pas forcément de sois pour mes clients potentiels (essentiellement des iconographes). Le lendemain, je rencontrais justement une iconographe qui m’a dit en voyant mon nom «ah, je connais votre site, je l’avais consulté avant d’acheter un macbook air», mais elle n’avait pas vu mon travail photographique. Par cette séparation entre travail photo et blog, j’espère donc apporter un peu plus de clarté à ces deux aspects de mon site.
J’aime bloguer, quand j’en trouve le temps, et mes critiques d’appareils technologiques sont généralement appréciées. Il n’y avait donc aucune raison d’arrêter d’en faire.
Avec un peu de chance, cette séparation me permettra aussi de développer plus à fond les deux aspects: un portfolio plus complet qui permettra à des iconographes, journalistes ou autres personnes curieuses sur mon travail d’en voir plus et dans de meilleures conditions, et un blog sur lequel je pourrai adopter un ton moins formel.
J’ai profité de la mise à jour pour ajouter quelques fonctionnalités qui faisaient défaut, comme un moteur de recherche ou une navigation paginée dans les archives.
Si tout va bien, dès lundi je pourrai vous raconter quelques anecdotes de mon nouveau périple ukrainien. Je décolle en effet demain matin pour deux nouvelles semaines à Kiev et dans les environs. Vu le climat ambiant, le sac est plein d’habits bien chauds.
PS: Une transition comme le fait de passer le blog de nack.ch à nack.ch/blog, si elle peut paraître anodine, implique quand même quelques soucis vis-a-vis des liens et autres. J’ai mis en place des redirections pour mes principaux articles vers leur nouvel emplacement, donc normalement tout devrait se passer sans encombres pour vous. Par contre, il est possible que les personnes abonnées à mon flux RSS rencontrent des problèmes. J’ai aussi mis une redirection, mais je ne suis pas certain qu’elle marche avec tous les aggrégateurs. Si jamais, la nouvelle URL de mon flux RSS est: http://nack.ch/blog/feed
4e passage au festival de Dour. À force, on sait plus trop quoi prendre en photo qu’on n’ait déjà pas pris en photo les années précédentes. J’avais songé durant un moment que je pourrais montrer le boulot de la croix rouge sur place en me faisant porter sur un de leur brancards à travers le festival, mais je me suis dit que ça leur ferait perdre du temps inutilement.
Finalement, le dernier jours, à une demie heure de mon départ prévu, j’ai réussi à me faire une méchante entorse en enjambant une barrière. Du coup je l’ai quand même ma série sur la croix rouge.
Là depuis, ça va mieux. D’ici une semaine je pense que j’aurai totalement récupéré.

Marguerite en route pour ce qui sert de puit au village
Il y a à peu près un mois, le Financial Times m’a contacté pour savoir si j’étais disponible pour un portrait dans la forêt tropicale. Après m’être assuré que cela ne pose pas de problème à l’organisation qui m’envoie ici (le reportage a été réalisé sur mon temps libre, durant un jour férié suivi du week end), j’ai accepté. C’est pas souvent qu’un journal financier a besoin d’un portrait dans cette région du monde.
Le sujet était Marguerite, une femme de l’ethnie des Baka. Il y a un an, elle a été invitée à l’exposition florale de Chelsea pour sensibiliser la population anglaise aux problèmes rencontrés par les populations vivant dans les forêts. La forêt où les pygmées vivent a été vendue à des entreprises d’exploitation de bois sans tenir compte de leur présence, les repoussant en bordure de routes et leur ôtant du même coup leur capacité à vivre de manière autonome.
Le voyage à l’est du pays était long (en comptant les attentes, entre Douala et Abong Mbang, il faut bien compter 12h par trajet), mais ce qui était le plus pesant, c’est que certaines personnes (souvent les policiers) voient en chaque blanc une occasion miraculeuse d’arrondir leurs fins de mois. Heureusement, j’étais bien accompagné, avec les membres du Centre pour l’Environnement et le Développement (CED), l’ONG qui travaille avec le village de Marguerite, qui connaissent bien leurs droits et m’ont évités de tomber dans bien des pièges. Je rencontre ce type de problèmes régulièrement à Douala, mais je ne m’attendais pas à ce qu’en sortant des villes, ils soient encore plus présents. Il semble que ce ne soit pas le cas à l’ouest du pays.
L’article peut être lu en ligne sur le site du Financial Time, et il y a un petit slideshow avec quelques autres images.
Pour mes confrères qui se demanderont certainement comment le Financial Time (avec lequel je n’avais jamais travaillé) savait que j’étais au Cameroun, j’ai un conseil à donner. Toujours faire savoir où vous êtes quand vous vous déplacez. Soit via votre site web (le mien étant bien référencé, ça peut aider), soit via des sites utilisés par les rédactions comme par exemple Lightstalkers. C’est semble-t-il via ce dernier site que la rédaction m’a trouvé.
EDIT: On m’informe dans mon oreillette que lightstalkers n’accepte les inscriptions que sur invitation. Si vous avez besoin d’une invitation, mettez un commentaire avec une adresse mail valide (elle est pas visible publiquement, mais comme ça je peux vous envoyer l’invit).
À quelques semaines de la fin de mon séjour au Cameroun, le moment pour un petit « do’s and don’ts » concernant le stockage du matériel photographique en région tropicale (donc humide) me semble adéquat. Pour vous donner une idée, dans ma maison (qui n’est hélas pas climatisée) à Douala, l’humidité relative varie entre 68% quand il fait très chaud et 86% aux pires moments. Et la température oscille entre 28 et 35°C (à 28°, il m’arrive désormais de regretter de ne plus avoir de pull…). Des conditions idéales pour transformer à peu près n’importe quoi en yaourtière, y compris votre précieux matériel photo. Pas forcément en un jour, mais en quelques semaines sans trop de doutes.
Ma première tentative de régler le problème s’est avérée être un fiasco total: je stockais dans un sac étanche (Sea To Summit Dry Sack) mon boitier et mes objectifs avec un gros sachet de silicagel que j’utilisais depuis des années (et pour lequel je n’avais aucun moyen de vérifier s’il était sec). Deux semaines plus tard, en ouvrant le sac, j’ai constaté que la sangle était couverte de moisissures… Des champignons avaient aussi commencés à se former sur les filtres UV des objectifs et derrière les vitres protégant les écrans de mon 5d II… Certains champignons attaquant le verre de manière irrémédiable, il était impératif de passer à une méthode plus efficace, sous peine de voir environ 7’000 CHF de matériel pourrir sous mes yeux. En accumulant différentes informations sur les conditions cadres dans lesquelles se forment ces moisissures, et en profitant d’un passage en Suisse à Noel pour récupérer quelques commandes ebay, j’ai pu revoir ma stratégie pour quelque chose de radicalement plus efficace:
Adieu le sac étanche (il me servira certainement un jour cela dit), je range désormais tout le matériel dans une grosse boite hermétique transparente. Tout ce que j’ai trouvé à Douala, c’est une boîte Curver de 12 L. La lumière semble être un premier ennemi des moisissures, donc une boîte transparente exposée au soleil devrait permettre d’éviter de créer des conditions favorables à la prolifération. J’avais aussi rapporté de Suisse des boites hermétiques de la migros (les topline de 0.75L). Leur contenance est idéale pour bien ranger les disques durs externes et leurs câbles. Eux aussi risquent de voir leur durée de vie réduite à cause de l’humidité.

Mon pote le silicagel de chez Hydrosorbent!
À l’intérieur de notre boîte, il nous faut encore réduire le taux d’humidité à un niveau plus recommandable pour stocker du matériel photo (environ 40%). Pour ça, la meilleure solution reste le silicagel. Mais il existe différentes options. Contrairement à d’autres désicants, le silicagel présente l’intérêt de pouvoir être régénéré en le chauffant pendant quelques heures. Certaines préparations à base de silicagel contiennent même un indicateur coloré qui les fait passer du bleu quand il est sec au rose quand il est humide (et inversement quand on le régénère). Si vous savez que vous aurez un four sous la main, la solution d’hydrosorbent est fantastique. Un petit container métallique avec 40g de silicagel avec indicateur coloré. A environ 5$ pièces, on peut en prendre plusieurs et en glisser un peu partout (sac photo, rangement des disques durs externes etc). J’en garde toujours un neuf dans son emballage pour une éventuelle urgence, comme un appareil qui tomberait dans l’eau par exemple. En 3h à 100°C au four, ils sont secs. La petite vitre au milieu permet de vérifier la couleur de l’indicateur coloré. Et ça marche bien!
Et si vous n’avez pas de four mais de l’électricité, Eva Dry propose des packs un peu plus massifs, mais équipés d’un corps de chauffe et d’une prise (format US, mais compatible 220V). 8h sur le courant et c’est sec. De nouveau l’indicateur coloré permet de vérifier. Avec ça, l’humidité dans ma boîte oscille entre 26% (quand le pack vient d’être régénéré) et 46%. J’ai posé un petit hygromètre à l’intérieur pour vérifier, on en trouve pour pas cher chez Dealextreme, alors je voyais pas pourquoi me priver de cette information.
Si vous n’avez ni four ni électricité, vous pouvez toujours opter pour les hydrosorbent et essayer de les régénérer autrement (près d’un feu de bois, sur le couvercle d’un barbecue etc), mais vous risquez de flinguer l’indicateur coloré si la température est trop haute.
Un autre moyen efficace de réduire l’humidité dans une pièce, c’est la climatisation. Si vous stockez votre matériel dans une pièce toujours climatisée, vous n’avez pas trop de soucis à vous faire. Mais cette solution n’est pas la meilleure à mon avis: dans un pays comme le Cameroun, les coupures de courant sont trop fréquentes et peuvent durer trop longtemps pour s’en contenter comme unique solution. De plus, si vous refroidissez votre matériel, en l’utilisant à l’extérieur trop rapidement après l’avoir sorti de chez vous, il risque de se recouvrir de condensation très rapidement.
Les autres équipements électroniques (ordinateurs etc) risquent aussi de souffrir de l’humidité, mais pour des questions pratiques, je n’ai pas pris de mesures particulières concernant le rangement du mac. Je le nettoie régulièrement avec une bombe d’air comprimé. C’est d’ailleurs peut-être là un des seul défaut de mon nouveau MacBook Air: ses vis (des Torx avec les bouts arrondis) sont très exotiques et je ne peux donc pas ôter le capot inférieur pour déloger efficacement la poussière.
Après deux semaines de break surprise dans la neige, c’est le retour à Douala. Au début, je dois dire qu’abandonner un confort que j’identifie désormais mieux m’enchantait peu, mais l’arrivée était heureusement bien plus sympathique que la première. Maison clean, stocks de nourriture que j’avais fait avant le départ toujours là (même un morceau de pâté que j’avais oublié au frigo qui peut désormais servir d’arme biologique), silicagel à profusion… En avant la musique!
En route, j’ai même eu droit à quelques vues assez impressionnantes.

Entre Genève et Zurich.

Au dessus des Alpes.

Au dessus du désert. Les étoiles en haut en fait c'est des poussières sur le hublot. Je trouvais ça classe.
Et au Collège, le premier jour de cours a commencé par une impressionnante assemblée faisant suite au décès d’un des élèves qui a été attaqué par un de ses camarades armé d’une barre en fer dans une rue toute proche.

Les élèves, choqués, apprennent le décès de leur camarade.

Cherchez Charlie
PS: Toutes ces photos sont faites avec mon Canon S90. J’avais oublié le plaisir de travailler avec un petit (vraiment petit) compact.

Grâce à son cours de danse, qui se tient dans le même immeuble du quartier chic de Bonapriso, Verena (ma colocataire) m’a fait découvrir le Colorado Plus. Une improbable et surprenante piscine intérieure qui organise aussi des défilés et divers événements festifs.
Je profite de partager ces quelques photos pour essayer un nouveau système de slider. Il pourrait éventuellement remplacer mon système actuel dans le portfolio. J’aurais aimé avoir vos remarques, si l’ergonomie est bonne etc.






Mon quartier au coucher du soleil (soit vers 18h)
Bon sang, je suis vraiment nul des fois. Trois mois sans rien poster. Au début c’était parce que je voulais attendre d’avoir bien fait les repérages, ensuite c’était par manque de temps, et maintenant c’est parce que j’ai trop de matériel et que je n’ai pas le temps de faire le tri qui s’imposerait, et encore moins de faire des petits montages multimédia.
Pour ceux qui n’ont pas déjà eu les infos que ce soit par mail, facebook ou twitter, tout va bien. En trois mois, j’ai eu le temps de passer par différents états plus ou moins sympathiques, mais maintenant, ma vie camerounaise correspond enfin à ce que j’en attendais. Il aura fallu beaucoup de travail pour rendre la maison sympathique, mais le résultat est plus que satisfaisant. En plus, j’ai trouvé des sources pour me procurer tous les aliments dont j’ai besoin (même du thé froid citron en poudre! Je n’en reviens toujours pas).
En guise de premier rattrapage, quelques photos en vrac pour vous montrer un peu Douala. J’espère pouvoir vous envoyer quelque chose d’un peu moins décousu bientôt.

Un des chemins qui mène à ma maison. Il y avait peut-être une route avant que la pluie ne l'emporte.

Une démonstration de danse durant une fête du collège où je travaille

Hop, un petit feu de pneus pour fertiliser le sol.

Blacka, le chef de la brigade d'auto-défense du quartier. Une brigade très efficace d'après les voisins.

Samuel, un de mes jeunes voisins. Quand il est seul, il est adorable. Mais en duo avec un de ses amis, ils deviennent ingérables.

Tonton Paul (Paul Biya), le président du pays depuis 29 ans.

Une photo du pot de départ au Calamar. Merci à tous d'être venus. Ca m'a fait très plaisir.
Ca y est! Le projet germait depuis près d’une année, désormais il se concrétise. Je tape ces quelques lignes depuis Zurich, en attendant l’avion qui me déposera à Douala, capitale économique du Cameroun pour les dix prochains mois.
J’ai longtemps vécu le fait de ne pas être réformé de l’armée (contrairement à 95% des mecs de ma volée) comme une punition, une humiliation voire un échec dans mon parcours de vie. C’était jusqu’à ce que je décide de me renseigner sur les opportunités offertes par le Service Civil. Passionné de voyage, j’ai filtré pour ne voir que les affectations à l’étranger. Très rapidement, j’ai croché sur deux cahiers des charges: la Fondation Hirondelle, qui développe des médias indépendants dans des zones de crise, et le DM (département missionnaire) qui cherchait un professeur d’informatique. Deux postes qui me semblaient à ma portée et passionnants. C’est le DM qui m’a proposé en premier une affectation longue. J’avais au début peur que ma distance vis-a-vis des religions soit un obstacle (tant du côté côté que du mien), mais, au cours des différents entretiens, j’ai pu éloigner ces craintes. Voilà comment la punition militaire s’est transformée en une formidable opportunité.
Je vivrai dans le quartier « très populaire » de New Bell, et j’enseignerai l’informatique dans le collège du même nom. Une très belle expérience en perspective: des rencontres multiples, la découverte de conditions de vie différentes, un paysage (et un climat) très différents.
A côté de ce job d’enseignant, j’aimerais alimenter un peu ce blog de petits articles sur la vie là bas, un peu comme j’avais fait en Ukraine. Je ne sais pas exactement ce que ça donnera, les variables sont multiples: quelle sera la qualité de la connexion, aurais-je le temps, que dire et que ne pas dire. Contrairement à l’Ukraine, je me rends au Cameroun au nom d’une organisation, une organisation implantée dans le pays de surcroît. Une phrase mal interprétée pourrait avoir potentiellement d’autres conséquences que quand je vais quelque part à titre individuel.
Les adieux étaient déchirants, surtout qu’aucun retour en Suisse n’est prévu avant juin. Mais arrivé à Zurich, je sentais la joie de voyager revenir. Ca fait du bien!
L’embarquement ne va pas tarder. J’espère trouver une connexion internet assez rapidement pour faire part des premières impressions.