Niels Ackermann – Blog

Paparazzi récompensé aux Swiss Press 2010

Wiliam, prépare son matériel au petit matin afin de saisir un des premier moments de liberté conditionnelle de Roman Polanski. Gstaad, décembre 2009

Je ne suis pas très concours en général, mais avec le Swiss Press Photo, c’est quelque chose de particulier. Depuis que j’ai 14-15 ans, j’aime feuilleter le catalogue des lauréats, c’est en partie là dedans que j’ai découvert et admiré le travail de l’agence avec laquelle j’ai aujourd’hui la chance de travailler. Je regardais ces reportages en me disant « un jour ça sera moi qui aurai des photos là dedans ». C’est le cas depuis les deux dernières éditions (le botellon et le reportage sur la communauté latino en pour l’édition 2008, le reportage sur les gamers pour celle de 2009). Mais les séries que j’envoyais n’étaient jusque là pas dans le trio de tête. Le livre présente en effet les trois premiers travaux de chaque catégorie, puis quelques images qu’ils ont apprécié parmi les candidatures restantes.

Cette année, deux de mes reportages sont présents dans le livres. Le reportage sur les Paparazzi est arrivé 2e de la catégorie Actualité, et mes photos des élections ukrainiennes sont publiées dans la catégorie International (mais ne sont pas dans le trio de tête). En plus, la sélection des images présentées correspond beaucoup à celle que j’aurais fait. Ca me fait vraiment plaisir!

Je profite de l’occasion pour remercier les magazines qui ont rendu ces sujets possibles: L’Illustré qui m’a envoyé à Gstaad pour suivre les Paparazzi, et l’Hebdo qui a fortement soutenu mon projet en Ukraine. Leur soutien, durant une période relativement difficile pour la presse suisse était très apprécié. Et merci aussi aux journalistes qui m’ont accompagnés pour ces sujets: Tasha Rumley en Ukraine et Arnaud Bédat à Gstaad, ainsi qu’à Wiliam, le photographe qui m’a laissé le suivre durant son travail.

Merci aussi à Patrick qui m’a informé de ce résultat, car au Cameroun, on ne trouve hélas pas le livre du Swiss Press. D’ailleurs, si vous êtes à Genève en mai, allez voir son exposition de photos réalisées à Champ Dollon et à Bochuz. C’est du 6 au 28 mai à la Halle Nord, et le vernissage a lieu le 5 mai à partir de 18h.

Quelques conseils de sécurité informatique pour les nuls

Protéger ses données numériques, c’est devenu important, et ça risque de le devenir encore plus dans les années à venir. Pourquoi? Pour trois raisons: d’abord parce que nos vies passent de plus en plus par là. Que ce soit pour faire nos achats, organiser notre vie professionnelle ou échanger des informations, la majeure partie de notre activité et de notre existence est désormais liée à l’informatique. Ensuite, parce qu’au cours de l’année qui vient de s’écouler, les gouvernements ont commencé à prendre la mesure du pouvoir que ces outils peuvent exercer contre eux (wikileaks, révolutions twitter…). Et finalement, parce qu’avec la multiplication des périphériques sur lesquels nos informations sont stockées (avant, un simple ordinateur à la maison, désormais une multitude de smartphones, de netbooks, tablettes, clés usb etc), on multiplie le risque qu’elles tombent un jour entre des mains indésirables.

Les réglementations en cours d’élaboration (Loppsi en France, ACTA etc) tendent à donner aux gouvernements toujours plus d’outils légaux permettant de surveiller les échanges privés des individus, et la tendance ne va certainement pas aller en s’inversant. Les hommes de l’Etat s’ajoutent donc progressivement à la liste des personnes indésirables pouvant potentiellement aller fouiller dans votre vie numérique.

Faire preuve de vigilance n’est donc plus une question de paranoïa, mais est en train de devenir un simple geste de bon sens moral.

J’ai donc regroupé dans ce billet quelques trucs que j’ai accumulé ces derniers mois, et qui permettent, je pense, de réduire grandement les risques sans pour autant nécessiter d’investissements considérables en temps ou en argent.

Attention, c’est un long article!

(suite…)

Trois mois avec le nouveau MacBook Air

La recette du petit Gregory?

Si on me demandait à quoi ressemblerait un ordinateur portable idéal, j’aurais de la peine à décrire quelque chose de très différent du nouveau MacBook Air 11 pouces. On pourrait penser que je m’emporte, mais j’y réfléchis depuis janvier, et je ne trouve vraiment pas grand-chose à redire de cette machine. Et pourtant mes attentes sont loin d’être minces.

Je travaille sur mac depuis environ six ans. Tous des portables. D’abord sur un Powerbook G4, puis sur un MacBook Pro Core2Duo qui m’a causé pas mal d’ennuis et qu’Apple a fini par me remplacer gracieusement par un MacBook Pro i5 de la  génération de 2010 (l’avant-dernière, les nouveaux étant sortis il y a quelques jours). Tous avaient des écrans de 15 pouces.

Je les utilise pour tous mes travaux de retouche photo. Souvent associés à un écran externe de 24 pouces et à des disques durs externes pour le stockage. Ces machines sont fantastiques… hormis quand elles ont des problèmes hardware. Mais Apple a le don d’arriver à chaque fois me faire ressortir du SAV avec le sourire. Mais malgré leur portabilité indéniable elles restent encore un peu trop encombrantes à mon goût.

Mon ordinateur me sert à peu près toute la journée. Que ce soit durant les cours à l’université, pour les commandes photo, ou quand j’ai la chance de pouvoir voyager un peu. J’aime me déplacer léger : un sac à dos de contenance moyenne doit suffire pour partir deux à trois semaines matériel photo inclus. Et durant la journée, mon sac d’épaule (Domke F-802) doit être en mesure d’accueillir tout ce dont j’ai besoin en restant le plus léger possible: juste un ordinateur et quelques livres pour les cours ou un ordinateur, mon 5d et un ou deux objectifs (plus éventuellement un flash et des radios) pour la photo.

Depuis quelques années, je cherchais donc un petit compagnon à ma machine de base qui me permette de sortir léger mais qui soit quand même capable de faire tourner dignement. La meilleure solution que j’avais jusqu’alors trouvé, c’était un EEE PC 1000HE. 10″, 1.4kg, un encombrement assez réduit et des performances « juste-juste ». Pas catastrophiques, mais pas franchement incroyables non plus. Lightroom fonctionnant sur Windows comme sur Mac OS, je pouvais ensuite récupérer le catalogue de mon netbook dans mon catalogue central sur le mac.

Or, à la fin 2010, Apple est venu tout chambouler en réalisant un de mes vieux fantasmes : un macbook air réellement compact et à un prix un peu plus mesuré que pour les précédentes moutures. Certes, il est trois fois plus cher que mon netbook Asus, mais pour la différence de prix, le gain est énorme : Le poids passe de 1.4 à 1kg, l’écran de 11″ est très bien défini et offre un bien meilleur rendu des couleurs, le processeur tient la route, la puce graphique me permet de lire des séquences filmées en FullHD sans soucis. Et en plus, il y a le SSD : pour les non-technophiles, SSD, ça veut dire Solid State Disk. On remplace le disque dur classique (un disque qui tourne à l’aide d’un moteur et qui est parcouru par des têtes de lectures, beaucoup de mécanique donc une consommation en électricité élevée et une fragilité handicapante pour un portable) par une espèce d’énorme carte mémoire flash. Non seulement on gagne en autonomie, en place et en sécurité (vis-à-vis des chocs en tout cas), mais en plus, le gain en rapidité d’accès aux données est purement hallucinant. A titre d’exemple, éteinte, la machine ne met qu’une dizaine de secondes pour être opérationnelle. Et après une veille simple, le retour à l’activité est carrément instantané dès l’ouverture de l’écran.

J’ai profité d’un retour en Suisse à Noel pour passer commande d’un de ces modèles (le 11″ avec 1.6ghz de processeur, 128 gb de SSD et 4gb de ram), en me disant qu’il remplacerait bien mon EEE PC. Ce qu’il fait effectivement très bien.

Mais ce à quoi je m’attendais moins, c’est qu’il vienne aussi menacer la suprématie de son grand frère de 15″. A mon retour au Cameroun début janvier, j’ai laissé « le gros » à la maison, et je ne suis parti qu’avec mon nouveau air (et le EEE PC qui finira ses jours sur le continent africain). Je m’attendais à devoir faire quelques sacrifices pour mes tâches quotidiennes par rapport à la machine à laquelle j’avais l’habitude. Mais au final, il n’y a eu qu’un seul point sur lequel cette machine s’est montrée en retrait par rapport à la grosse. Et un point tellement secondaire : le volume sonore maximal du haut parleur qu’il en devient presque négligeable. Et le pire, c’est que ce problème peut être réglé par un petit utilitaire à  5$. J’y reviendrai.

Pour tout le reste, je n’arrive pas à voir de désagréments significatifs. Il y en a certainement, mais ils ne sont pas assez visibles pour affecter mon travail quotidien. Les gains, eux, sont par contre très clairement visibles : poids plume, encombrement inexistant, disponibilité instantanée, autonomie plutôt bonne et performances de très haut niveau.

Photo

On ne va pas faire durer le suspens. J’utilise lightroom 3.3 sur cette machine avec le même confort que sur mon MacBook Pro. J’y ai copié mon catalogue (uniquement les photos prises depuis mon départ au Cameroun pour gagner en place), et je garde le même setup qu’habituellement : la taille du disque (128 go) n’est pas un problème puisque mes photos sont stockées sur un disque externe. Un second disque externe me permet de backuper le disque de photos et le SSD du mac à l’aide de Time Machine.

Travailler avec des disques durs externes pour stocker tout ce qui est encombrant me permet  de plus facilement sécuriser les données importantes (en conservant la machine, l’original et le backup dans des endroits séparés), et de garder de la place sur ma machine pour les logiciels, mes documents personnels et ma grosse librairie iTunes.

Et cette configuration fonctionne à merveille! L’écran est de bonne qualité et il est suffisamment clair pour s’adapter à des conditions pas forcément très clémentes. Les performances sont là. Même en effectuant des retouches assez lourdes sur des fichiers raw de 21mpix, je n’ai pas constaté de ralentissement que je n’avais également sur mon MacBook Pro i5. De l’import à la retouche, je ne trouve rien à redire. L’export est peut-être un brin plus lent, mais quand j’en suis à cette étape de mon travail, j’ai de toute façon généralement besoin d’aller boire un verre alors le temps de traitement n’est plus d’importance capitale. Et il se peut que la différence tienne au fait que mon disque externe est relié en USB2 plutôt qu’en firewire800 sur la « grosse » machine.

L’interface de lightroom s’affiche en entier sur l’écran de 1366 x 768 pixels. Ce qui n’était pas le cas sur les malheureux 1024 x 600 de mon eeepc.

Un petit passage sur photoshop pour assembler un panorama gigantesque n’effraie pas plus la bête. C’est franchement bluffant de voir quelle puissance ils ont pu faire entrer dans un ordinateur qu’on peut tenir du bout des doigts. Et c’et presque effrayant de penser à ce que sera capable de faire la machine quand elle sera mise à jour avec les nouvelles puces Intel (si c’est le cas un jour, mais je n’en doute pas une seule seconde) et quand elle sera dotée du nouveau port Thunderbolt.

Web, mail, bureautique

Pour toutes les tâches moins gourmandes en ressources, la machine s’en sort au moins aussi bien que le MacBook Pro. Pourquoi cette tournure ? Parce que le SSD fait des miracles. J’avais monté dans mon MacBook Pro un disque dur Hitashi 500go de 7200 tours minute, certainement ce qu’on trouvait de plus performant (à un prix décent) à l’époque. Cette modification avait sensiblement augmenté ses performances, mais même avec ça, on restait bien en dessous de ce dont est capable le SSD du petit Air. En plus d’être rapide, la mémoire flash est rassurante. Je peux secouer ma machine comme je veux, elle ne risque rien. Et ça, pour une machine dédiée au déplacement, c’est important. Il reste par contre un point sur lequel les SSD seront moins sûrs: l’effacement sécurisé du contenu du disque.

Office 2011, iWorks, Mail.app, Safari etc, tout fonctionne sans couac significatif. La taille de l’écran n’handicape pas l’usage. C’est des fois éventuellement son rapport largeur/hauteur (l’écran est très large) qui forcera à défiler un peu plus sur une grosse page web, mais avec le trackpad multi-touch, c’est pas franchement désagréable.

Multimedia

La batterie est bonne, mais n’atteint pas non plus des records de longévité. Elle me permet néanmoins de regarder confortablement 4 à 5 épisodes d’une série télé avec le wifi activé et différents programmes (Mail, Safari, Word) en tâche de fond avant d’être vide. La taille de l’écran n’est pas si handicapante qu’on pourrait le penser. Et c’est en bonne partie dû à son rapport hauteur/largeur. Il est plus allongé que les écrans habituels, ce qui fait qu’un film en 16 :9 occupera la totalité de la surface. Par rapport à un 13″ classique, la largeur du film visionné ne change donc pas beaucoup. On perd juste les bandes noires en haut et en bas. Vous pouvez le voir sur l’image introduisant cet article. Ceux qui reconnaissent le film gagnent un bisou.

Le seul couac pour la visualisation de films, c’est le haut parleur. Il est certes très habilement caché, et délivre un son étonnamment bon, mais il reste un peu trop timide pour moi et pas mal d’autres utilisateurs. Dans son état normal, regarder un film à deux ou trois devient impossible plus à cause de ce problème qu’à cause de son écran.

Mais il existe une solution : un programme appelé Boom et vendu 4.99$ permet de « booster » le volume sonore d’un mac. Et j’ai testé, ça marche très bien. Et pas que sur le Air d’ailleurs.

Boom! Permet non seulement de multiplier par quatre le volume sonore (disent-ils), mais aussi d'appliquer un equalizer au son.

Montage vidéo

C’est le dernier espoir pour mon MacBook Pro pour éviter une revente à mon retour en Suisse. J’ai actuellement un projet en cours qui devrait inclure des séquences vidéo et du son (si j’arrive à trouver l’énergie que ça implique de traiter encore plus de matières premières). J’ai juste lancé Premiere pour tester un peu, mais sans trop m’attarder. Le montage m’avait l’air un peu moins fluide que sur la grosse machine. Mais le plus gros handicap dans ce domaine, ça sera surtout le manque d’espace disque pour installer les innombrables modules nécessaires à un bon travail vidéo (compositing, son, couleurs, etc). La connectique restreinte à l’usb2 est un second handicap qui risque de se faire sentir.

En bref

Je sens que je vais avoir de la peine à considérer la nécessité d’une machine plus encombrante maintenant que j’ai passé plusieurs mois sur ce bijou. Il est réactif, s’allume en un clin d’œil et fait tout ce que je suis en mesure d’attendre d’un ordinateur sans rechigner. Dans mon sac photo, ce Air se glisse sans se faire remarquer à côté de l’insert en mousse qui protège mon appareil et mes objectifs. Pour les cours, couplé au Kindle pour les lectures diverses, mon sac aura un poids quasi négligeable.

Ce qu’on perd en vitesse de processeur, les autres périphériques (puce graphique et SSD surtout) le compensent si bien que finalement l’écart avec une machine plus de deux fois plus chère est difficile à voir, en tout cas pour les applications photographiques.

Tout en étant pleinement satisfait, j’espère que la prochaine version (qui n’arrivera pas trop tôt histoire que je puisse rentabiliser l’investissement, merci!) bénéficiera de quelques ajouts:

Batteries pleines.

Après deux semaines de break surprise dans la neige, c’est le retour à Douala. Au début, je dois dire qu’abandonner un confort que j’identifie désormais mieux m’enchantait peu, mais l’arrivée était heureusement bien plus sympathique que la première. Maison clean, stocks de nourriture que j’avais fait avant le départ toujours là (même un morceau de pâté que j’avais oublié au frigo qui peut désormais servir d’arme biologique), silicagel à profusion… En avant la musique!

En route, j’ai même eu droit à quelques vues assez impressionnantes.

Entre Genève et Zurich

Entre Genève et Zurich.

Au dessus des Alpes

Au dessus des Alpes.

Au dessus du désert. Les étoiles en haut en fait c'est des poussières sur le hublot. Je trouvais ça classe.

Au dessus du désert. Les étoiles en haut en fait c'est des poussières sur le hublot. Je trouvais ça classe.

Et au Collège, le premier jour de cours a commencé par une impressionnante assemblée faisant suite au décès d’un des élèves qui a été attaqué par un de ses camarades armé d’une barre en fer dans une rue toute proche.

Les élèves, choqués, apprennent le décès de leur camarade.

Cherchez Charlie

PS: Toutes ces photos sont faites avec mon Canon S90. J’avais oublié le plaisir de travailler avec un petit (vraiment petit) compact.

Colorado Plus

Grâce à son cours de danse, qui se tient dans le même immeuble du quartier chic de Bonapriso, Verena (ma colocataire) m’a fait découvrir le Colorado Plus. Une improbable et surprenante piscine intérieure qui organise aussi des défilés et divers événements festifs.

Je profite de partager ces quelques photos pour essayer un nouveau système de slider. Il pourrait éventuellement remplacer mon système actuel dans le portfolio. J’aurais aimé avoir vos remarques, si l’ergonomie est bonne etc.

Légende?



Un bon conseil…

… toujours prendre les conseils des autres avec des pincettes. Je ne compte plus le nombre de fois où je fais ce constat.

Un gardien dans le quartier de Bonapriso, le quartier où vivent riches camerounais et expatriés.

Avant de partir différentes personnes m’ont décrit le Cameroun comme un mélange de splendides occasions photographiques et d’une très grande difficulté à les immortaliser. «Si tu sais photographier là bas, tu sauras photographier n’importe où après», «Evite de sortir ton appareil dans ce quartier, c’est plein de voleurs»«C’est très dur, les gens te demandent toujours de l’argent», «La photo est mal vue, beaucoup de gens craignent qu’on s’en serve ensuite pour leur jeter des sorts»… et divers autres avis agrémentés d’anecdotes plus ou moins effrayantes que, sans le vouloir, j’ai un peu trop intériorisé, au point de ne quasiment plus toucher à mes boitiers durant mes trois premiers mois ici.

Grave erreur! Mon moral me l’a fait comprendre il y a environ deux semaines sous la forme d’une très profonde humeur noire (pour rester poli), laquelle s’est heureusement achevée sur une décision: faire fi de toutes ces remarques et ne plus sortir sans un appareil. Quand bien même faire des photos ici serait aussi problématique que ce qu’on m’a décrit, autant que les hypothétiques problèmes arrivent en ayant pris des photos que de laisser avec certitude pourrir tout ce matériel dans une boite en plastique (pleine de silicagel, certes) (les mots en gras, c’est pour rendre plus évidente la réflexion mathématique sous-jascente).

Depuis deux semaines, mon moral est au beau fixe, et je ne manque plus une occasion d’immortaliser quelque chose. Un collègue, une rue, un endroit. Et bon sang ça fait du bien!

Et je peux désormais dire que, non, ce n’est pas plus difficile de faire des photos à Douala que dans les autres pays que j’ai visité. On a dû me demander à peu près aussi souvent de payer qu’en Suisse (il y a des gens qui se croient très drôle en Suisse en demandant au photographe combien on va payer pour les photographier, ici, ils y pensent juste un peu plus sérieusement), on ne m’a encore jamais accusé de sorcellerie, et mon fidèle 5d mark II essuie des regards bien moins admiratifs et envieux que n’importe quel compact à 200chf.

Le seul obstacle qui m’empêche de déclencher autant que je désirerais, c’est le temps: avec environ 40h de travail par semaine au Collège, le temps nécessaire aux achats et au nettoyage de la maison et le fait qu’à 18h le soleil soit couché, il ne reste que les week-ends pour  coller l’oeil au viseur.

Un couturier de mon quartier. Ici, faire fabriquer une chemise sur mesure est moins cher que d'en acheter une déjà cousue. Et lui, il travaille bien en plus.

Un collègue qu'on surnomme Le Milliardaire Russe. Mais il ne parle pas russe en fait.

Un élève puni en train de nettoyer les escaliers du collège où je travaille.

La rivière qui sert de poubelle à une bonne partie des habitants de mon quartier. La seule alternative, un container unique et plein à craquer dont les déchets sont certainement jetés dans une autre décharge.

New Bell le jour. Ce quartier, un des plus pauvres de la ville, est abrite une très importante communauté musulmane.

Même endroit en soirée. La fumée des mototaxis sature l'air aux heures de pointe.

Le visage de la cyber guerre civile

On y est! La réalité a rejoint la fiction. En tentant de censurer Wikileaks, les Etats occidentaux -aidés de quelques entreprises- ont ouvert la boîte de Pandore des guerres virtuelles. On les attendait du côté de virus développés par des Etats et dirigés contre d’autres, à la manière de Stuxnet qui aurait été mis au point pour déstabiliser le programme nucléaire iranien. Mais au final, c’est par une guerre civile planétaire que nous entrons dans cette nouvelle ère.

Les attaques de Denial Of Service n’ont rien de nouveau, ni même menées contre des sites importants. Les exemples historiques ne manquent pas.

Mais ce qui est nouveau ici, c’est que les attaques, qui, au cours de cette semaine ont bloqués -entre autres- les sites de Visa, Mastercard, Postfinance ou Paypal n’ont plus besoin d’être le fait d’informaticiens chevronnés. Il suffit de télécharger un simple logiciel, puis de suivre des indications enfantines (vous pouvez télécharger la version hive mind depuis ce lien), pour transformer sa machine en robot à même de contribuer à attaquer les cibles désignées (disclaimer: vous êtes assez grands pour savoir ce que vous risquez en participant… Mais vu que de nombreux virus font peut-être déjà de votre PC un botnet sans que vous ayez été inquiétés pour, on peut dire que le risque est proche de zéro).

Cette facilité permet la levée très rapide d’une armée potentiellement très nuisible de civils contre différentes cibles virtuelles publiques ou privées.

Il est difficile de chiffrer l’ampleur de cette armée de machines prêtes à neutraliser temporairement tout site qui entravera d’une manière ou d’une autre la liberté d’expression (ou tout autre droit fondamental à défendre au futur), mais on peut déjà se faire une idée de la force de frappe en observant le nombre de téléchargements de LOIC sur Sourceforge.

Le nombre de téléchargements de LOIC (sur Sourceforge) au cours du dernier mois

La hausse est massive depuis une semaine, et ce graphique ne représente qu’une partie des téléchargements. LOIC est disponible depuis de nombreux autres mirroirs, ou sur bittorrent (attention quand même, la fiabilité des sources n’est pas garantie).

Si quelques centaines de machines ont suffit à immobiliser postfinance pendant plus d’une journée, imaginez la force de frappe d’un groupe de plusieurs dizaines de milliers voire centaines de milliers de machines. Ce qui est sûr, c’est que la société civile détient désormais sur Internet la capacité d’immobiliser un site web durant quelques heures (ou plusieurs jours si les gens le souhaitent et si la mobilisation est suffisante). Nations ou multinationales se retrouvent désormais aussi vulnérables que n’importe quel individu sur la toile. Une fantastique situation d’anarchie où personne n’est placé au dessus des autres.

En tentant de censurer le web, les Etats, et les entreprises qui collaboreront, risquent désormais de subir un violent retour de balancier. Bloquer Visa.com ou Mastercard.com quelques heures est essentiellement symbolique. Mais empêcher les transactions de postfinance.ch ou de paypal.com durant quelques jours pourrait avoir des conséquences économiques bien réelles. La menace est donc désormais bien présente et elle influencera certainement les décisions politiques futures. Quelles seraient les conséquences d’une extradition d’Assange vers les USA en terme de mobilisation virtuelle? L’équilibre des forces n’a jamais été aussi favorable aux individus.

Notes:

Le blog de pandalabs présente un très instructif et détaillé log des différentes attaques menées par Anonymous (et les différents participants) dans le cadre de son opération payback contre les anti-wikileaks. On y apprend notamment que le site postfinance.ch a été inaccessible pendant 33 heures, que les attaques ont poussé l’hébergeur du bureau d’avocats des deux filles prétendant avoir été violées par Assange à supprimer leur site de ses serveurs, et qu’il existe désormais une version Javascript de LOIC, permettant de lancer des attaques depuis n’importe quel navigateur web (smartphones compris) et sans rien installer.

EDIT:

L’organe en charge de la sécurité informatique pour la Confédération fait à peu près la même lecture que moi des événements récents, à la différence qu’il s’inquiète du fait que les Citoyens puissent, pour une fois, avoir une capacité de nuisance égale à la leur.

Ca y est je me suis encore fait avoir

Mon quartier au coucher du soleil (soit vers 18h)

Bon sang, je suis vraiment nul des fois. Trois mois sans rien poster. Au début c’était parce que je voulais attendre d’avoir bien fait les repérages, ensuite c’était par manque de temps, et maintenant c’est parce que j’ai trop de matériel et que je n’ai pas le temps de faire le tri qui s’imposerait, et encore moins de faire des petits montages multimédia.

Pour ceux qui n’ont pas déjà eu les infos que ce soit par mail, facebook ou twitter, tout va bien. En trois mois, j’ai eu le temps de passer par différents états plus ou moins sympathiques, mais maintenant, ma vie camerounaise correspond enfin à ce que j’en attendais. Il aura fallu beaucoup de travail pour rendre la maison sympathique, mais le résultat est plus que satisfaisant. En plus, j’ai trouvé des sources pour me procurer tous les aliments dont j’ai besoin (même du thé froid citron en poudre! Je n’en reviens toujours pas).

En guise de premier rattrapage, quelques photos en vrac pour vous montrer un peu Douala. J’espère pouvoir vous envoyer quelque chose d’un peu moins décousu bientôt.

Un des chemins qui mène à ma maison. Il y avait peut-être une route avant que la pluie ne l'emporte.

Une démonstration de danse durant une fête du collège où je travaille

Hop, un petit feu de pneus pour fertiliser le sol.

Blacka, le chef de la brigade d'auto-défense du quartier. Une brigade très efficace d'après les voisins.

Samuel, un de mes jeunes voisins. Quand il est seul, il est adorable. Mais en duo avec un de ses amis, ils deviennent ingérables.

Tonton Paul (Paul Biya), le président du pays depuis 29 ans.