Amis photographe, journalistes, iconos (quoique non, mieux vaut que les iconos ne voient jamais ces textes). Si jamais vous ne connaissez pas encore ce blog, je vous en recommande chaudement la lecture. Ses articles caustiques décrivent avec un humour raffiné l’évolution du monde de la photo de presse de ces derniers temps: Que c’est beau la photographie.
Je pensais juste que l’analyse de la chute d’Oeil Public serait un peu plus croustillante.
Voilà un bien étrange revirement! Après pas loin de sept mois d’inactivité sur le grain de sel, je me relance sur le web. C’est qu’il s’en est passé des choses durant ces sept mois.
Il y a eu ce fabuleux voyage en Ukraine qui m’a fait découvrir tant un pays fascinant que la passion qu’on peut éprouver à partir sans trop savoir ce qu’on va voir, sans trop savoir où on va dormir à l’arrivée. Cette expérience m’a tellement plu que j’ai saisi la première occasion pour repartir. Le 30 décembre, je serai dans l’avion pour Kiev et je n’en reviendrai que le 18 janvier, après le 1er tour des élections présidentielles. Les premières depuis la révolution orange de 2005. Des élections qui m’intéressent à plusieurs titres. D’un côté parce qu’elles se tiennent dans un contexte des plus tendu: la crise économique a très durement frappé le pays, le rêve européen semble avoir disparu, et finalement la Russie voisine s’est montré peu tendre avec certains pays voisins aux velléités trop pro-occidentales. Sous un autre angle, c’est la relation que les habitants de ce pays ont avec une toute jeune démocratie qui m’intéresse. La politique s’y pratique-t-elle comme chez nous? On verra.
Mais durant ces sept mois, il y a eu aussi beaucoup de doutes. Jamais je n’ai eu aussi peu confiance en mon travail. Un manque de confiance terriblement destructeur. Ce n’est que récemment que j’ai remarqué de quoi venait ce manque de confiance: il a commencé à peu près quand j’ai arrêté de tenir régulièrement un blog et quand j’ai arrêté d’alimenter sérieusement mon flickr. C’est con, mais j’ai remarqué ces jours à quel point on ne se sent exister qu’à travers les autres. J’ai donc envie de revenir à un usage d’internet plus proche de ce que j’en ai fait pendant des années. Cet échange avec vous tous, c’est quelque chose qui m’a énormément apporté, et je vous suis, à ce titre, infiniment redevable.
C’est pour ces raisons que le retour à l’expérience blog s’imposait de lui même. Mais j’avais aussi envie d’un système qui me permette de montrer mon travail. Donc, j’ai tenté, tant bien que mal, de mélanger les deux. Pour cela, j’ai recours à un système propulsé par wordpress, outil que j’utilise depuis fin 2004. J’ai appris ces dernières années à l’adapter aux besoins web de divers clients, dont la plupart ne voulaient pas un blog. J’espère que sa grande flexibilité permettra une évolution rapide du contenu du portfolio. En plus, et c’est la cerise sur le gateau, je peux même l’administrer depuis mon iPod touch. Oui, en sept mois je suis pas devenu moins geek. C’est même devenu pire, je crois.
Je me réjouis de voir qui d’entre-vous a gardé nack.ch quelque part dans ses liens et participera à cette nouvelle aventure.
Hier, j’ai accepté un peu malgré moi deux commandes photo (dont une à l’autre bout du lac) alors même que j’avais encore un rendez-vous en soirée à Genève. Autant dire que ça ne m’arrangeait pas tant que ça, et que quand on est déjà surchargé de boulots à rendre, l’aspect financier de la chose n’aide que marginalement à dire oui.
Mais j’ai accepté, et j’ai été jusqu’au fin fond du valais faire des photos dans des conditions techniques assez difficiles. C’est ce moment qu’à choisi mon appareil pour m’annoncer de manière alétoire des « erreur 20″. L’erreur 20, d’après le représentant de Canon, c’est un problème du miroir.
C’est rageant ce genre de problème en pleine période de fêtes et à 7 jours de mon départ pour l’Ukraine (où forcément j’aurai besoin de cet appareil). Mais le représentant a fait des pieds et des mains pour m’assurer une réparation en urgence et un boitier en prêt en attendant. Très classe!
En y réfléchissant, je me suis dit que j’ai finalement bien fait d’accepter ces deux commandes qui tombaient très mal. Si je n’avais pas eu à prendre de photos hier, je n’en aurais certainement pas fait aujourd’hui et j’aurais peut-être découvert le problème soit deux ou trois jours avant mon départ, soit sur place, avec comme conséquence l’obligation d’acheter un nouveau boitier. Le temps perdu est donc pas forcément là où on le croit.